Théâtre

Théâtre de Digoine
Théâtre de Digoine

Constituant l’une des principales curiosités du château de Digoine, le petit théâtre est un lieu rare qui fut édifié en 1842 à la demande du comte Aimé Jacques de Chabrillan (1780 – 1847).

Chaque l’été le château recevait des invités pour la saison. Ceux-ci arrivaient avec malles et personnel pour séjourner à Digoine. En hommage à la maîtresse de maison, il était d’usage de la part des invités, de monter un petit spectacle, un impromptu où ils se mettaient en scène. Chacun se prêtait au jeu pour caricaturer de façon subtile les autres invités. C’est un lieu d’amusement et d’intimité, c’est en cela qu’on qualifie de théâtre de société.

Conçu comme une réplique des théâtres à l’italienne du XVIIIème siècle, cette salle a conservé son très riche décor attribué à Pierre-Luc-Charles Cicéri (1782 – 1868). Peintre de la Cour, grand spécialiste des décors de théâtre, il fut notamment décorateur en chef de l’Opéra de Paris. C’est à lui que l’on doit plus particulièrement le magnifique rideau de scène peint en trompe l’œil à l’imitation de draperies richement ornées. Il réalise également pour le théâtre plusieurs décors de scènes admirablement conservés : des forêts, une prison, une cuisine, un salon… La salle, aux proportions parfaites et à l’acoustique si particulière possède encore intacts tous les attributs traditionnels d’un théâtre : scène avec machinerie complète, parterre, balcon, loges d’avant-scène, fosse d’orchestre, trou du souffleur…

Ce petit théâtre a vu passé plusieurs grands noms du XIXème siècle, à commencer par les frères Goncourt, qui décriront les lieux dans leur correspondance : « une salle de spectacle décorée par Cicéri, or sur blanc mat, écussons des familles alliées aux chabriant, petit modèle de la salle de Versailles, vrai cadre d’un proverbe de Musset ».

En 1851, est convié au château, le musicien Jacques Offenbach (1819 – 1880). Virtuose du violoncelle, il compose pour sa grande amie la comtesse de Chabrillan, la valse triomphale du château de Digoine ainsi qu’une rêverie au bord de la mer. Il joue également au petit théâtre, le premier rôle d’une comédie-vaudeville, l’article 213 ou le mari doit protection. Le dimanche 28 septembre 1851, l’Echo du Charollais raconte ce spectacle: « mercredi dernier, une fête d’une magnificence princière a été donnée au château de Digoine par Monsieur le comte et Madame la comtesse de Chabrillan. Il y a eu spectacle, bal, illuminations vénitiennes. […] Plus de 200 invités, choisis parmi le grand monde et la bourgeoisie des environs et même des points les plus éloignés du département, encombraient la salle du théâtre. »

En 1900, les planches du théâtre voient passer Sarah Bernhardt et Constant Coquelin, venus à Digoine pour y répéter la pièce d’Edmond Rostand « l’Aiglon ».

Enfin, en 1908, Pierre de Croix, nouveau propriétaire de Digoine, veut conserver l’aspect intimiste du petit théâtre. Avec sa famille et amis de la région, ils montent la pièce Les jumeaux de Brighton de Tristan Bernard.

C/ O.Desserre Château de Digoine
Décors de scène

Rêverie 1

Bon gre mal gre

|Monument Historique classé|